Le MaaS, futur du déplacement urbain ? L’exemple de Bruxelles

Le mercredi 8 juin 2022 est un jour historique pour l’Europe, marqué par l’approbation par le Parlement Européen de l’interdiction de la production de moteurs thermiques en 2035. L’avenir des constructeurs automobile est écrit : il sera électrique ou ne sera pas. Pour les conducteurs, les offres alternatives à la voiture se développent également. C’est tout l’objectif du MaaS, Mobility as a Service, qui vise à proposer aux utilisateurs un trajet intermodal réservable depuis une même plateforme, intégrant l’ensemble de solutions alternatives à la voiture. Afin d’en savoir un peu plus sur cette solution, nous avons rencontré Joke Beel, Program Manager MaaS & New Forms of Mobility de la STIB-MIVB (Société des transports intercommunaux de Bruxelles).

Une tribune écrite par Louis-Antoine Calvy 

Catégorie
#maas
#transport
#Ville de demain
Secteur

Transport

Auteur

Louis-Antoine Calvy

Date de publication

13 juillet 2022

Temps de lecture

4 mins 17 secs

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L’application MaaS est le « buddy » de l’utilisateur

Joke travaille chez l’opérateur de transport bruxellois depuis 2019, après une carrière de 14 ans chez Orange, dans la stratégie, le business développement, le marketing et les partenariats. Elle est actuellement à la tête du Programme MaaS, stratégique pour son organisation. « Le programme a pour objectif d’aider à créer un « modal shift » pour rendre la ville plus agréable à vivre ».

Secteur

Transport

Auteur

Louis-Antoine Calvy

Date de publication

13 juillet 2022

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Il s’agit donc de concurrencer l’autosolisme par une application qui permet de planifier mais également réserver et payer des trajets, sans avoir à utiliser sa propre voiture. « Nous souhaitons devenir le buddy de l’utilisateur, indique Joke, pour lui permettre d’utiliser la combinaison de transport la plus durable, correspondant le mieux à son besoin du moment ». Ainsi l’application qu’a développé et testé la STIB-MIVB ne propose pas uniquement des transports publics, mais tous les moyens de déplacement partagés qui se trouvent à Bruxelles. L’idée est de garantir aux utilisateurs une capacité de déplacement durable, à toute heure du jour ou de la nuit.

Les transports en commun comme colonne vertébrale du déplacement urbain

La STIB-MIVB et les opérateurs de transport qui se lancent dans cette aventure capitalisent sur une confiance et une image de marque fortes auprès des utilisateurs, que ce soit pour l’application ou dans leur capacité à opérer des modes de transport. Les opérateurs de transport public jouent également un rôle majeur d’inclusion du grand public dans les solutions développées. Ils doivent de ce fait concevoir et proposer des solutions utilisables par tous, garantissant ainsi l’accès à cette solution au plus grand nombre.

Par exemple l’application proposée doit être « WCAG compliant », c’est-à-dire répondre à des standards d’accessibilité digitaux, tels que le respect de certaines couleurs ou l’usage de contrastes relevés. Bien que certaines villes aient déjà lancé des applications destinées au plus grand nombre, le concept tarde encore à être adopté.

 

— Même si la mise en œuvre d’une application MaaS dans un contexte public n’est pas chose aisée et que rien ne garantit son adoption, le besoin d’une offre de transports partagés et facile d’accès, tend à augmenter.

 

Un développement « by design » de l’application, clé du « modal shift »

L’offre n’est pas toujours facile à lire. En effet, le produit nécessite une intégration forte de parties prenantes issues des mondes privés et publics, aux cultures et intérêts différents. Les utilisateurs se retrouvent confrontés à une multitude de propositions, certaines éloignées de leurs habitudes et dont l’adoption est parfois complexe. Ainsi passer du métro au scooter partagé nécessite la création d’un compte utilisateur spécifique, la possession et l’enregistrement d’un permis de conduire valide… et un compte en banque bien garni !

D’autre part, la solution applicative présente un niveau de difficulté élevé dans sa conception. Par exemple la gestion des flux de paiements des voyages intermodaux (qui impliquent différents opérateurs), nécessite un savoir-faire spécifique dans la répartition a posteriori du paiement des services utilisés. Enfin, au sein de la STIB-MIVB, le projet est très transverse et se trouve conditionné par l’avancement d’autres projets tels que la gestion des portes automatiques.

Tirer le meilleur profit des expériences en cours

Ainsi, si l’on s’en réfère aux initiatives lancées en Europe (Vienne, Stockholm, Helsinki), le succès des applications MaaS n’est pas garanti. Même si la mise en œuvre d’une application MaaS dans un contexte public n’est pas chose aisée et que rien ne garantit son adoption, le besoin d’une offre de transports partagés et facile d’accès, tend à augmenter. Qu’il soit lié au coût prohibitif des carburants ou à la fiscalité de Bruxelles vis-à-vis des automobilistes, le coût global de possession d’une voiture explose, faisant la part belle à ses substituts. Enfin, pour la STIB-MIVB, c’est une nouvelle manière de pouvoir étendre un réseau sans avoir à développer des infrastructures lourdes spécifiques.


Une tribune écrite par :
Louis-Antoine Calvy – Consultant chez Bartle

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