Ces territoires sont les théâtres visibles d’un phénomène plus profond et largement sous-analysé dans le débat européen : la guerre pour le contrôle des ressources. Elle ne prend pas systématiquement la forme de conflits armés ouverts mais structure désormais les rapports de puissance, les stratégies des multinationales, les alliances diplomatiques. Pour preuve, le récent rapport du Forum économique de Davos sur les risques globaux place en première et deuxième positions les confrontations géoéconomiques et les conflits armés entre Etats.
Nous ne vivons pas dans un monde aux ressources illimitées, comme la théorie économique l’a longtemps supposé, mais dans un monde fini, contraint par des limites géologiques, environnementales et sociales. Dans ce monde, l’accès aux ressources devient plus concurrentiel, et donc plus politique.
Sur ce terrain, certaines puissances, plus ou moins soucieuses du droit international, ont pris une avance décisive. L’Europe, elle, hésite encore sur la démarche à suivre. […]