Le premier horizon est celui du traçable : l’IA opère à condition que le réel lui parvienne déjà mis en forme ; sans cela elle ne voit rien. Pour illustrer le propos sans susciter de polémique inutile, imaginons que vous installiez chez vous un système domotique très sophistiqué, animé par une IA capable de gérer la climatisation réversible, les luminaires, les volets roulants, le store de la terrasse… Le robot prendrait des décisions en votre absence, afin d’assurer votre confort quelle que soit la météo.
L’automatisation est rendue possible par un travail amont lourd et complexe. Il faut tout d’abord retranscrire les états du monde en O et en 1, ce qui suppose notamment d’installer des capteurs : des lentilles, des thermomètres, un baromètre, pluviomètre, etc. Vient ensuite un prérequis plus discret car plus abstrait, mais crucial : c’est la qualification de la donnée, qui consiste à ranger les 0 et les 1 dans des catégories standards pour les rendre exploitables dans un processus de décision. Dans le cas évoqué, ces catégories sont la « lumière », la « température », la « pression atmosphérique », « l’humidité », la « pluviosité », et d’autres encore. […]