L’agile, une affaire de culture d’entreprise avant tout ! 

L’agile, une affaire de culture d’entreprise avant tout ! 

L’agile tour 2019 à Lille, événement organisé par Nord Agile à l’université catholique de Lille ces 11 et 12 octobre affichait complet ! C’est vous dire l’engouement pour le sujet. Pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans l’un de ces grands rendez-vous annuels partout en France, il s’agit pendant 2 jours de renforcer sa culture agile, apprendre et échanger à travers conférences et ateliers avec une communauté mélangeant passionnés et amateurs. Bravo aux organisateurs et intervenants pour la richesse de l’événement. 

 

Pourquoi l’agile ? 

Réaliser un projet en agile, rendre un service, une équipe agile ou se transformer en une entreprise dite « agile » vient en réponse à la nécessité d’être réactifs aux marchés (clients, concurrence…), et de se focaliser sur l’apport de valeur à des clients, à l’organisation, à des collaborateurs (leur motivation, leurs outils informatiques, leur bien-être personnel, leur carrière…). L’agile peut s’étendre à tous les domaines : IT bien sûr, management RH, construction d’offre, un processus d’assurance (très bonne conférence sur le sujet)… Inscrit dans l’ADN de la start-up, être agile est une vraie transformation pour des grands groupes qui doivent apprendre à pivoter, à faire évoluer leurs business models initiaux 

 

Avant de penser organisation et méthode, pensez culture d’entreprise 

Dans la très bonne conférence « Faire de l’agilité à l’échelle de l’entreprise ? Pas besoin de Framework mais de 3 lois ! » Matthieu Riboulet proposait de respecter 3 grandes lois : 

  • –  La loi de l’utilisateur final, avec l’obsession de lui livrer toujours plus de valeurs 
  • –  La loi des petites équipes : autonomes et responsables 
  • –  La loi des réseaux ou communautés qui apporte la transversalité à l’entreprise 

En disant cela, on comprend vite que l’humain est absolument au cœur d’une transformation agile, la conduite du changement indispensable à la fois sur : 

  • –  Une approche individuelle : chacun doit faire son propre changement culturel en fonction de son vécu, sa personnalité, ses croyances et valeurs 
  • –  Une approche systémique : nouveaux modèles de gouvernance, planification budgétaire… 

La première étape dans ce type de changement est l’acculturation avec des actions telles que : l’apprentissage par le jeu (et pas qu’avec des legos et des kaplas), assister à des conférences, échanger avec des entreprises l’ayant déjà vécu, organiser rapidement les premiers retours d’expérience, favoriser le test & learn et célébrer les premières (souvent petites) victoires. Les nombreux coachs agiles apportent généralement une aide précieuse. 

 

En agile, le manager devient inutile 

Si le manager a largement été caricaturé pendant cette journée selon moi, arguant qu’il est devenu un maillon de l’organisation « inutile » alourdissant le processus de décision, demandant des reportings, demandant des prévisions budgétaires sans cesse (comme s’il prenait un malin plaisir), je pense sincèrement que les managers ont leur place. Donner le sens, accompagner l’équipe dans le changement (une fois qu’il a cheminé lui-même), créer les conditions de fonctionner en autonomie, accompagner la responsabilisation de l’équipe (pas du tout évident pour tout le monde), les protéger du stress généré dans l’entreprise tel un Scrum Master le fait avec sa DevTeam…  

 

La planification budgétaire, un exercice rarement agile 

Une question rarement abordée est celle de la gestion budgétaire et du calcul des retours sur investissement. Arnaud Lemaire, dans son introduction un peu déprimante, nous rappelait que l’entreprise exerçait la planification budgétaire et le calcul de ROI dans une logique de maîtrise du risque. Effectivement. Et de se poser la question suivante : en quoi maîtrise-t-on vraiment le risque dans cet exercice quand je planifie des coûts projets ou équipe à 2 ou 3 ans ? Quelle est la valeur ajoutée ? Se concentrer sur l’apport de valeur le plus tôt possible, apprendre, itérer, reprioriser n’est-elle pas la meilleure façon de réduire le risque au quotidien  

 

J’y vais ou j’y vais pas ?  

Je fais partie de ceux qui pensent que les approches agiles ont fait leurs preuves dans pas mal de domaines : dans les projets IT (même des gros), dans la conception de produits et services avec les clients, dans le management d’équipes… Avec beaucoup d’humour, un intervenant de chez Hubvisory nous partageait comment il avait appliqué le framework SCRUM à l’organisation de son mariage et qu’à l’inverse on ne se voit pas le faire pour construire le nouveau réacteur nucléaire de Flamanville. Mettre en place une organisation agile parce que Spotify l’a fait et copier le modèle est une erreur. Si vous ne souhaitez pas vous retrouver comme les aborigènes de Mélanésie et leur culte du cargo*, pensez-y à deux fois. Pourquoi l’agile ? Est-ce adapté dans le contexte actuel à mon business, mon organisation, ma culture d’entreprise ?  

 

*le culte du cargo : « Les indigènes remarquent que les radio-opérateurs japonais et américains semblent obtenir le parachutage de vivres et de médicaments en utilisant un poste radio-émetteur, ce qui va les pousser à construire de fausses cabines et de faux micros et à imiter les opérateurs pour tenter d’obtenir les mêmes faveurs. » Plus de détail ici 

 

**********************

 

Florent Brosset, manager chez Bartle

Partagez l'article !

Articles similaires: #agile #agilité #culture d'entreprise #scrum

Bartle- 2019

Tous droits réservés

Restez informé

Oui, ça m'intéresse !

Vérifiez vos mails

Vous pourriez avoir reçu

quelque chose