NRF 2016 – Trois scénarios incontournables

A l’occasion de la conférence “Follow the Money”, le magazine Forbes et les fonds de capital-risque Beanstock Ventures et Accel Partners nous ont fait part de leur expertise sur les initiatives phares du marché. Selon eux, la technologie des bornes Beacon tend à se raréfier : tout en restant bon marché et très présente chez les distributeurs américains, elle est jugée trop contraignante pour le client qui doit à la fois télécharger une application et activer le Bluetooth sur son téléphone. Par contre, la RFID et Apple Pay/Google Wallet (ou plus généralement les Wallets) constituent à leurs yeux les deux initiatives “game changer” du secteur.

 

 

La RFID : un scénario intégral commence à se dessiner

 

Au-delà des quelques fabricants de puces représentés au salon, la RFID est très largement embarquée dans les matériels et solutions des exposants (scanners, logiciels, caisses, …), comme si l’ensemble du marché, des industriels et éditeurs anticipaient ici une prochaine généralisation.

 

Côté distributeurs, le taux de pénétration américain ne semble pas particulièrement plus fort qu’en Europe, et certaines de nos enseignes phares (Décathlon, etc.) ont été citées en exemple par les exposants.

 

En compilant les initiatives présentes sur les stands, un scénario d’utilisation intégral de la RFID commence à se dessiner, au-delà du pur flux marchandise. Celui-ci intègre maintenant l’ensemble des opérations, de la pose de l’étiquette au flux reverse client-magasin : supply chain, inventaires, animation digitale, check out instantané, sortie de caisse, CRM, marketing (actions promotionnelles), désantivolage, retour article, gestion SAV et contrôle des garanties. Le monitoring des températures et des DLC pour le frais et le congelé apparaît également comme un véritable plus pour la gestion de la démarque des GSA.

 

Avec un prix de la puce passive variant de 7 à 10 centimes d’euros, la RFID est présentée par beaucoup comme l’investissement gagnant : elle offre l’avantage de fluidifier le parcours client tout en dégageant un ROI incontestable, bien que complexe à appréhender et à mettre en œuvre.

 

 

Les wallets ou la disparition du paiement

 

Visuellement, les stands des solutions d’encaissement, de scan et de paiement représentent un bon tiers des exposants de la NRF. Les grandes tendances matérielles sont à la miniaturisation des équipements au service de la mobilité en magasin (encaissement volant, tablette avec TPE, queue busting) et à l’accélération de l’encaissement (tunnels de scan 6D, scanners directionnels ultra rapides, …). Côté logiciel, les éditeurs se tournent de plus en plus vers des architectures ouvertes et multi-communicantes (n-tiers, temps réel, …), afin d’y intégrer le dialogue avec de multiples partenaires (promotionnels, bancaires, wallets).

 

A noter que le Google Wallet est en plein essor sur le marché US, avec 30% de consommateurs ayant essayé. Les wallets, et en particulier le mobile payment, associé à une technologie de reconnaissance sécurisée (type biométrie), prennent en effet tout leur sens quand ils permettent de rendre le paiement “transparent” pour le consommateur.

 

En plus du double avantage de simplification et d’accélération des process d’encaissement en magasin (manipulation espèce, CB, etc.), les wallets augmentent considérablement le chiffre d’affaires en faisant disparaître la sensation même de payer. Ils permettent aussi de fluidifier le parcours client en magasin en réduisant les irritants de file d’attente. Le magasin physique entre ainsi à son tour dans l’ère du « buy button ».

 

 

Omniprésence du smart data : la rationalisation du retail

 

Un autre tiers des exposants et conférences de la NRF tourne autour du phénomène de la data. On ne parle plus de big data mais de smart data, l’enjeu se situant aujourd’hui bien plus dans les utilisations analytiques ou prédictives de ces fameuses données.

 

L’analytics est en train de migrer du monde du e-commerce au magasin grâce par le tracking in store. De nombreuses technologies permettent aujourd’hui de collecter, par échantillonnage ou mesure directe, des données tout au long du parcours client : tracker, bornes, NFC, bluetooth, objets connectés en magasin, vidéo surveillance, reconnaissance faciale, mobile wifi, 3/4G, etc.

 

Le croisement de ces sources avec les historiques de ventes internet et l’analyse des cartes de fidélité classiques réduisent considérablement le degré d’incertitude des retailers dans leurs arbitrages tactiques quotidiens (exemples : planogramme dynamique, pricing réactif par zone et flux, impacts des promotions sur les points chauds et froids en temps réel).

 

Au-delà de l’optimisation quotidienne, le smart data favorise également les démarches exploratoires de type machine learning, permettant de croiser des sources d’horizons variées, de les organiser en data lake, afin de prédire l’avenir ou d’identifier des corrélations métier encore inconnues (exemples : impacts des périodes électorales et de la météo sur les ventes de produits discountés, politiques de change et stratégie de sourcing).

 

Difficile de résumer le potentiel du smart data en magasin, tant les initiatives et applications sont récentes et variées ; il n’en reste pas moins que les distributeurs qui sauront l’apprivoiser bénéficieront d’une nette longueur d’avance sur le marché.

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